Marilyn et JFK by François Forestier

Marilyn et JFK by François Forestier

Author:François Forestier [Forestier, François]
Format: epub
Publisher: Albin Michel
Published: 2011-04-15T14:58:58.980000+00:00


Les semaines passent. La campagne électorale bat son plein. JFK, comme d’habitude, veut tout savoir. Quand il est avec Judy Campbell, il lui pose des questions, la bombarde de points d’interrogation. Qui s’est saoulé ? Qui se drogue ? Qui couche avec des femmes noires ? Qui s’encanaille dans les bouges ? Quel mari est trompé ? Tony Curtis est-il cocu ? Shirley MacLaine se teint-elle en rousse ? Partout ? Que se passe-t-il sur le plateau du nouveau film de Frank Sinatra, Ocean’s 11 ? Le Rat Pack est-il échangiste ? Il a beau sonder, fouiller, lire chaque numéro de Confidential (le journal qui « relate les faits et donne les noms »), il y a une chose qu’il ne saura jamais : son père, l’ambassadeur, a couché avec Judy Campbell avant toute la bande. Le vieux Joe K. a été le numero uno du « paquet de rats ». C’est un sleeping partner dans toute l’acception du mot.

Judy Campbell sauvegarde les apparences. Elle accepte, avec moult protestations, un manteau de fourrure. Elle fait la danse des sept voiles, et repart pour Chicago. Là, le parrain de la ville l’attend, avec sa moumoute et son air de papy rangé. Sam Giancana prend le sac de dollars, ne dit rien. L’argent va servir à la campagne de JFK : bureaux de vote copieusement arrosés, délégués électoraux achetés, urnes bourrées, comptages parfaitement irréguliers, électeurs morts ressuscités, toute la lyre des pourris.

– Sans moi, Kennedy ne serait pas devenu Président, se vantera plus tard Giancana.

C’est vrai.

Mais, en attendant, les sacs circulent, le fric est généreusement alloué, papa Kennedy met la main à la poche avec régularité, et Richard Daley, le maire de Chicago, surveille le transit. Il a un espion : Martin E. Underwood, un gars dans le genre Otash. Underwood ne perd pas de vue les opérations. Daley lui a bien dit : « Follow the cash », suis le pognon. Ce que notre homme fait, avec application. Il note, chemin faisant, que Judy Campbell couche aussi avec un autre client, Johnny Rosselli, l’ambassadeur de la pègre, l’homme aux manières suaves et aux chaussures en croco.

Elle est là quand JFK et Giancana se rencontrent au Fontainebleau Hotel à Miami. Elle est là quand Jack parle de Jackie :

– Si je ne suis pas élu, nous allons nous séparer, dit-il.

Elle est aussi là en août, quand le candidat et le gangster se retrouvent à New York :

– Je suis allée dans la chambre à coucher, pour attendre qu’ils aient fini, dit-elle.

Peu à peu, elle devient une pièce importante de l’échiquier. Au téléphone, elle parle en code, une sorte d’espéranto sans sous-titres. Elle livre des « cadeaux », elle va « dans le Sud », elle s’amuse, dans son rôle de porteuse de valises. Les choses deviennent un peu plus sérieuses quand JFK demande à Judy de passer à Giancana des infos. Objet du message : l’assassinat de Castro.

Elle ne réalise pas que Giancana et Rosselli travaillent pour la CIA.

Elle livrera sa dernière



Download



Copyright Disclaimer:
This site does not store any files on its server. We only index and link to content provided by other sites. Please contact the content providers to delete copyright contents if any and email us, we'll remove relevant links or contents immediately.